"Parfois, une histoire se termine, et le protagoniste est seul, ses amis morts, ses ennemis sur son trône, et la protagoniste n'est plus qu'un roi gueux, qui part sous la pluie. Parfois, un histoire se termine sur des larmes. Parfois, des larmes coule, et une nouvelle histoire voie le jour."
On peut la voir sourire parfois, l'½il trop sombre animé par une lueur trop noire,
Et là vient l'excitation, les frissons des mystères du monde, de la présence des anges ternes,
Là vient la joie de chercher, la tristesse de ne jamais trouver,
L'accord mystique, l'alchimie des consciences, des sentiments, des sensations trop obscures pour être acceptées,
Le lien magique des amours trop désespérés pour être acceptés par leur semblables idoles, leurs haines antagonistes, rejetés pour avoir adulé l'image de leurs futurs meurtriers, pour avoir voulu murmurer à leur bourreau de mettre fin à leur triste existence.
Et je voudrai faire pour toi une genèse de notre absence d'histoire, de mon manque de courage, de ton regard dénué de reflet. Je voudrai faire une fresque peinte d'arabesques de regrets, de couleurs sentimentales, qui veulent croire à en crever qu'elles ne s'effaceront jamais Et j'voudrais écrire un bouquin, l'histoire de celui qui fait un pas devant l'autre, le sentier devant, le gris mouillé au-dessus, la prairie sombre tout autour, la tristesse en-dedans et le secret au bout. Et j'aurais aimé tombé dans le gouffre de tes yeux sombres, j'aurai aimé dans ma chute accrocher le reflet qui lui donne sa surbrillance, celle qui aveugle, celle qui fait trébucher, celle qui calcine l'espoir. Ou le fait clignoter. Je ne sais plus. Ca n'a plus d'importance, tout les jours je vois, je m'efface un peu plus. L'histoire touche au dénouement. La quête se termine sur un échec, et je rentre sous la pluie.
Aujourd'hui, c'est l'anniversaire.
Un an.
Il y a un an que l'histoire commence. Hier encore, je criais sur les désillusionnés, je parlais de croyance, cette foi dont je suis dénué, de ma nudité, de ce que les lumières dans nos c½urs nous apportent. Je parlais de l'espoir, je parlais de vertu. Et j'ai entendu une voix disparue qui revenait de l'oubli. J'ai vu mes amis tomber sous les balles, et j'ai tenté de me jeter sous les rails.
Hier, j'ai dit au visage qu'il fallait se souvenir des sourires, qu'il fallait oublier les ombres, car l'histoire touche au dénouement. J'ai parlé de pardonner.
Et le visage m'a répondu qu'il ne pardonnerait jamais.
Et il y a un an, j'ai cru, j'ai cru en cette force qui tord le cou aux âmes des hommes, j'ai cru en ce qui m'a estropié beaucoup plus tard.
J'ai vu ce qui touche notre âme au plus profond. La voix résonnante. Et les yeux, toujours. Et je suis tombé. Et le petit qui déambule est mort dans la neige ce soir-là. Et depuis, amis, frères, tous perdus, je n'aime plus aussi fort que vous. Je vous voie sourire derrière le rideau, et je n'ai pas la force de le tirer pour sourire à mon tour.
Et depuis un an, je ne suis plus qu'un étranger pour moi-même, je me bats sans cesse, je prends les coups.
Il y a un an, celui qui frappe m'insulta. Il pointa le mort génie, figé sur les pages, et me montra du doigt. Et il pointa l'idiot, le perdu, qui s'obstinait dans la pratique du sourire édenté, et se désigna.
Et un an plus tard, on se croise dans des couloirs sombres, et on ne se voie pas, et il m'a oublié, moi j'ai oublié qu'il m'était comme un ami, et j'ai oublié son blasphème.
Et, un an plus tard, je suis toujours là.
Mais, amis, l'histoire touche au dénouement.